Workshop 2012

Affiche workshop

 

 

 

 

Le premier workshop de GCCPA a eu lieu le 29 novembre 2012 à l'Université de Bordeaux 4 - École interne IUFM, à Mérignac.

 

 

Télécharger la plaquette du Workshop

 

Voir les capsules vidéos des interventions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Organisation

Matinée : 9h30-12h30

  • Ouverture : Présentation du projet, état des travaux
  • Direction du travail
  • Interventions/débat animé par le professionnel

 

Thème 1 : Evaluation de l’information dans un domaine émergent : l’exemple du développement durable en architecture

  • Dominique Gauzin-Müller (spécialiste de l’écoconception et écoconstruction)
  • Professionnel : Céline Le Maire (à confirmer)

Thème 2 : Evaluation de l’information et gestion des connaissances

  • J-L Ermine Télécom/école de management (gestion informatisée des connaissances, ex. de l’agriculture bio)
  • Professionnel : Marc Péna ( à confirmer)

 

Déjeuner sur place

Après-midi : 14h-16h30

 

Thème 3 : Evaluation de l’information, Transfert de connaissances et environnements techniques

  • Diane Mercier (spécialiste en transfert des connaissances en situation complexe de coordination, Ville de Montréal), Visio-conférence enregistrée, entretien avec Vincent Liquète, et al.

 

14h45 Atelier et réflexion collective sur l’état de la recherche, échanges avec les champs professionnels concernés 

16 h 15 Conclusion par le grand témoin : Didier Paquelin (Université Bordeaux 3)



 Intention scientifique du workshop :
 
 Le projet de recherche « Gestion de la Connaissance dans des Contextes professionnels d’Apprentissage », mené dans le cadre du CARECS (Université Montesquieu Bordeaux 4, Ecole interne IUFM d’Aquitaine) et de l’IMS UMR CNRS 5218 (Bordeaux 1), s’inscrit dans une perspective pluri- et interdisciplinaire. Il croise plusieurs champs scientifiques, prenant appui sur les sciences humaines et sociales (sciences de l’information et de la communication, sciences de l’éducation,…), les sciences de l’ingénieur (plus particulièrement autour des problématiques de conception/innovation d’artefacts) et les sciences de la gestion. Il vise à mettre en relation besoins et pratiques informationnelles dans l’analyse de l’activité professionnelle de petites entreprises régionales opérant dans des domaines émergents. Il met en rapport les apprentissages des personnes qui travaillent et  leurs besoins en formation et en information. Les  perspectives de réalisation en sont la construction de méthodologies de gestion de la connaissance centrées sur l’accompagnement de la formation interne, la mise à disposition de ressources numériques didactisées téléchargeables depuis une plateforme, ainsi que l’élaboration  d’un micro-portail de veille stratégique.

 La première étape du projet consiste à identifier précisément les pratiques existantes et les besoins des entreprises dans deux domaines distincts et émergents, celui de l’environnement, plus particulièrement de l’écoconception et de l’écoconstruction, et, plus ponctuellement , celui de la viti-viniculture. Les deux journées d’études que nous avons projeté d’organiser visent l’échange et le rapprochement des communautés des scientifiques et des professionnels. Ces journées seront essentiellement centrées sur le niveau régional.

La première journée est consacrée au thème de l’évaluation de l’information en situation de construction de connaissances professionnelles. Elle vise à identifier précisément les moyens de repérer les pratiques d’information dans une perspective d’aide au transfert de la connaissance.

 

L’information et le contexte professionnel

Le projet est centré sur des communautés professionnelles émergentes.  Le terme de communauté émergente désigne ici un collectif réuni autour de pratiques professionnelles innovantes ou déviantes par rapport à ce qui est enseigné dans les institutions traditionnelles de formation. Les entreprises concernées ont un objectif, la question environnementale, objectif apparemment commun aux activités professionnelles de l’architecture et de la construction d’une part,  et aux  pratiques de marketing innovantes autour de la viti-viniculture d’autre part.

Dans ce contexte, l’information est « un processus par lequel une entité, de nature humaine et sociale, est transformée »[1], ou, pour revenir aux fondamentaux à travers Jean Meyriat[2], « le contenu de la communication, à partir du moment où les acteurs de celle-ci lui reconnaissent un sens, lui attribuent une forme mentale, intelligible». Elle est au cœur des apprentissages nécessaires à l’activité professionnelle en question, au-delà de simples routines. Pour Cécile Gardiès, Isabelle Fabre et Viviane Couzinet[3], comprendre les pratiques informationnelles permet de mieux cerner les usages et de mettre en place les médiations nécessaires aux apprentissages.

 

Analyse des pratiques et des usages informationnels professionnels

A partir du repérage et d’une modélisation des pratiques informationnelles, nous interrogeons la possibilité de construire des outils et des interfaces d’accompagnement à la construction de connaissances professionnelles. Il s’agit donc d’inverser l’approche « top-down » dominante, qui propose des gammes d’outils de gestion des connaissances clés en mains dans le cadre d’une conception de l’innovation purement économique d’amélioration de la productivité[4], pour envisager un accompagnement médié des pratiques informationnelles.

L’étude des pratiques informationnelles échappe difficilement à plusieurs modèles normatifs. Les sciences de gestion, qui s’y sont intéressées dans le cadre notamment de l’observation des pratiques innovantes et du partage des connaissances dans l’entreprise, proposent des modèles très fortement centrés sur l’organisation, ou sur la configuration, qui croisent niveau organisationnel, niveau sociétal, niveau cognitif et niveau stratégico-économique[5]. En dehors de l’organisation centralisée, la mise en place de processus de gestion de l’information, de documentarisation des pratiques et d’apprentissage est-elle possible ? La notion de communauté de pratiques nous a paru intéressante, parce qu’elle interroge les processus socio-sémio-pragmatiques à l’œuvre dans le passage de l’information à la formation, sans se localiser nécessairement dans l’espace d’une organisation centralisée. D’un point de vue théorique, nous revendiquons l’intention d’identifier, de décrire et d’analyser des pratiques informationnelles locales, séculières, spécifiques, pour en dégager des tendanceset desprincipes transférables d’un contexte à un autre et des éléments structurant l’action dans plusieurs registres professionnels. Nous ancrons notre travail dans une analyse socio-constructiviste, où est pris en considération un ensemble d'éléments interrogeant le processus de construction partagée de savoirs au sein d'une communauté professionnelle. Cette approche considère que les formats d'information élaborés et mis en circulation entre les pairs sont des éléments d'illustration d'une culture informationnelle professionnelle en construction. Les connaissances analysées seront alors des éléments du réel socialement construit par les membres de la communauté, à travers leur propre expérience. Cette problématique nous pousse à identifier les sources privilégiées par les acteurs, les modes de partage de la recherche puis de validation de l’information, les critères de sélection et les formes de réécriture puis de diffusion/stockage utilisés.  A partir de là, nous sommes appelés à appréhender, dans des contextes d’émergence de l’information partagée, la possibilité de co-construire des dispositifs de gestion, de partage et d’organisation des connaissances.

 

Méthodologie : discours et pratiques situés

Nous avons opté pour le croisement de plusieurs approches méthodologiques :

-      une approche qualitative qui met en lien l’analyse des contextes professionnels, la compréhension des pratiques et des représentations,

-      une approche quantitative et documentaire visant à analyser la matière informationnelle produite par les communautés et à proposer des modèles de traçage de l’information.

La première journée d’étude a pour objectif de permettre un dialogue constructif entre chercheurs et professionnels et entre disciplines, de dégager les premiers éléments instruits par la recherche en cours. Dans un premier temps, ce dialogue prendra la forme d’une intervention d’un chercheur suivie d’une interview par un professionnel. Dans un deuxième temps, une table ronde réunira tous les acteurs pour préciser les directions à prendre dans le projet GCCPA et contribuer à l’orientation de notre recherche.



[1] Metzger, J.-P., (2002), Les trois pôles de la science de l’information, in Actes du Colloque international «Recherches récentes en sciences de l’information : convergences et dynamiques», Université Toulouse  3 (Mics-Lerass), 21-22 mars 2002, Toulouse, sous la dir. de Viviane Couzinet et Gérard Regimbeau, Paris, ADBS, pp. 17-28.

[2] Meyriat, J., (1983), De la science de l’information aux métiers de l’information, in Schéma et Schématisation, n° 19, pp. 65-74.

[3] Gardiès, C., Fabre, I., Couzinet, V. (2010).  Re-questionner les pratiques informationnelles, Études de communication, Vol. 2, n° 35, p. 121-132.

[4] Voir par exemple Noailles, P. et al. (2011). Fondements et enjeux in Dossier Veille et innovation : s'informer pour conquérir de nouveaux territoires. Documentaliste-Sciences de l'Information, Vol. 48, n° 1, p. 24-37

[5] Lewkowicé, J., Koeberle, P. (2009). Le développement durable est-il durable ? L’impact de l’interdépendance des composantes cognitive, organisationnelle, sociétale et économique, Innovations, n°29, pp. 9-33